Tout son recueil est comme constitué de « cristaux déposés après l'effervescent contact de l'esprit avec la réalité ».
En termes précis, le poète cherche à situer sa relation entre lui-même (ou l'homme, de façon plus générale) et le monde, le rêve et la réalité.
C'est dans cette quête essentielle que se situe, pour Reverdy, la poésie. Elle est absence, elle est « dans ce qui n'est pas », dans ce qui manque.
Le poète recherche, hors de toute rhétorique, un dépouillement extrême de sa poésie.
Sa poésie demande à l'image de préciser la justesse d'un rapport intellectuel.
Reverdy peut être appréhendé comme un poète statique. Mais son immobilité est sillonnée par de grands frémissements d'une sensibilité discrète et réservée.
SENTIER
Le vent trop fort ferme ma porte
Emporte mon chapeau comme une feuille morte
Tout a disparu dans la poussière
Qui sait ce qu'il y a par derrière
Un homme court sur l'horizon
Son ombre tombe dans le vide
Les nuages plus lourds roulent sur la maison
Le front du ciel inquiet se ride
(...)
Le monde fatigué s'affaisse dans un trou
Et du massacre ce qui reste
Se dresse dans la nuit qui change tous les gestes
Pierre Reverdy, "Plupart du temps", Sentier, page 219.
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