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Henri BAUCHAU, Le Boulevard Périphérique.

« Le boulevard périphérique » est un roman à la fois obsédant et éblouissant. Dans une grande pudeur, le narrateur nous livre ses émotions à l’heure où il vit un nouveau drame de sa vie : sa belle-fille se meurt d’un cancer.

A son chevet, dans un hôpital de la banlieue parisienne, Henri Bauchau médite sur la vie et la mort, en particulier sur le thème de « l’acceptation du non-vouloir » : mais il sait (comme nous tous) que la mort déposera, tôt ou tard, son sourire familier sur le front de sa belle-fille.
Il ne fait pas un traité sur la mort ou comment « Penser la mort ? » à l’instar de Vladimir Jankélévitch. Le narrateur qui n’est autre que Bauchau lui-même, nous rappelle seulement que nous sommes tous portés par la mémoire et face à l’inconnu (ici, la mort) nous devons être attentifs aux échos et symboles de la vie.

Parallèlement, à l’histoire de Paule (sa belle-fille), Bauchau exhume son passé à travers deux défunts : un ami de jeunesse, Stéphane, tué pendant la Seconde Guerre mondiale (son évocation embaume de douceurs les moments arides et durs du récit), et un tortionnaire SS, Shadow.
Si le roman est une réflexion sur l’idée de la mort, c’est aussi une méditation sur les actes et vérités humaines à travers les deux autres personnages!

Spécialiste de l’instrospection, Henri Bauchau met le doigt sur la précarité et la fragilité de la vie. Il sait parler des sensations les plus enfouies par des mots simples.
« La vie vous donne un sursis puis reprend sans répit », telle est la petite morale de cette belle et tragique histoire qu’est « Le boulevard périphérique ».

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